Que Feront les Travailleurs des Champs Pétroliers dans le Sillage de la Croissance de L’emploi dans les énergies Renouvelables?

Si le monde parvient à réduire ses émissions de CO2 à zéro d’ici 2070, comme l’a insisté le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Selon le syndicat Sustainlabour, l’industrie des énergies renouvelables en Europe peut à elle seule créer 6,1 millions de nouveaux emplois d’ici 2050. Et le secteur désinvesti du charbon, du pétrole et du gaz pourrait provoquer un bouleversement massif du marché du travail mondial.

Difficulté dans la transition des compétences vers des secteurs énergétiques plus propres

En ce qui concerne les compétences, la transition de l’ancienne à la nouvelle industrie énergétique doit être prise avec soin. En effet, il est possible pour un professionnel du pétrole et du gaz de gérer un parc éolien ou un projet solaire. Mais ce qui compte, c’est qu’il y a trop peu de programmes de formation pour les aider à se maintenir. Indépendamment de la demande de main-d’œuvre dans le secteur des énergies renouvelables, le transfert de main-d’œuvre qualifiée du secteur pétrolier et gazier reste pris avec précaution.

On trouve peu d’équivalents dans les secteurs des combustibles fossiles. Il existe une exception partielle dans l’industrie minière. Par exemple, Anglo American, une société minière dont le siège social est à Londres, élabore une politique officielle de fermeture de mines incluant la requalification et le recyclage de la main-d’œuvre. Pourtant, de tels programmes de réemploi n’orientent pas vraiment les employés spécifiquement vers le secteur des énergies renouvelables. La NDA (Nuclear Decommissioning Authority) au Royaume-Uni fait une tentative rare de le faire. Dans le cadre du programme de recyclage de 5 ans avant la mise hors service prévue de 2 centrales nucléaires dans le nord du Pays de Galles, les employés se voient proposer des cours pour obtenir des certificats professionnels dans l’industrie à faible émission de carbone. À peu près 9 % des plus de 500 travailleurs participants ont choisi de le faire.

Quelle est la solution ?

On croit que les gouvernements devraient prendre l’initiative de la transition des compétences, pas l’industrie.

Selon Benjamin Denis, conseiller politique sur le changement climatique de la Confédération européenne des syndicats, il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’élaborer le cadre politique et d’investissement pour que la transition énergétique se produise. Bien sûr, les entreprises ont une responsabilité cependant, peu sont censées prendre des initiatives volontaires pour prêter attention aux employés touchés par la transition.

La décarbonisation a été controversée pour de nombreux syndicats. Plus tôt cette année, les syndicats allemands ont averti que les limites d’émissions prévues provoqueraient des fermetures massives d’usines ainsi que des licenciements. Selon Benjamin Denis, les énergies propres ne sont pas encore un “tueur d’emplois”, mais insiste sur le fait que les gouvernements doivent offrir des programmes de formation pour éviter qu’ils ne le deviennent à l’avenir.

Cependant, les exemples de stratégies de formation intégrées menées par les gouvernements restent rares. Ceux qui en sont atteints ont tendance à être assez petits et ciblés localement. Selon une étude récente de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) intitulée “Compétences et emplois plus verts”, les politiques en matière de compétences vertes de nombreux gouvernements sont “incertaines et fragmentées”. L’OCDE recommande aux gouvernements d’intégrer les compétences vertes dans l’enseignement ordinaire, plutôt que de développer des systèmes de formation distincts. En outre, il suggère une concentration sur les compétences transférales plutôt que sur les programmes de formation spécifiques à la profession.

En ce qui concerne le budget de ces programmes, selon la Commission européenne, les fonds pour la croissance verte sont accessibles. Dans son “Initiative pour l’emploi vert” en 2014, il distingue des pots tels que le Fonds européen de développement, le fonds social européen. Pendant ce temps, aux États-Unis, diverses subventions du gouvernement fédéral pour des initiatives de compétences vertes sont accessibles aux industries et aux fournisseurs de formation. Cependant, les syndicats soutiennent qu’il devrait y avoir des fonds supplémentaires pour soutenir les communautés qui seront durement touchées par la transition vers une énergie plus propre – par exemple, la Silésie polonaise, la Rhénanie du Nord-Westphalie en Allemagne, qui dépendent toutes deux fortement de la production de charbon. Selon Denis, dans ces régions, si un système de protection sociale solide n’est pas organisé, la décarbonisation aura un impact dramatique sur la main-d’œuvre et les communautés. Un tel système devrait être créé conjointement par l’UE, les gouvernements nationaux et les autorités locales.